entre les feuilles qui se suicident sur mon pare-brise et celles qui courent folles derrière la voiture, le soleil brille encore par sa présence tardive. on a chaud maintenant, quand on devrait avoir froid. les photographies se superposent comme un tas de feuilles mortes. certaines même maintenant nagent en haute mer.
j’avais oublié que les personnes âgées pouvaient avoir des parents. oublié que sous les rides de l’âge n’avait peut-être pas grandi un enfant. oublié aussi que certains liens ne s’effacent pas à la gomme. on remet alors encore une fois en question. âge. vie. mort. on se tracasse. on veut écouter des violons, des violoncelles. on veut pleurer et se lamenter.
puis on lève la tête et on voit une feuille tomber. on se dit qu’elle n’a pas vécu un an. qu’on en a reçu x fois plus et qu’on passe son temps à se tracasser pour quoi ?, pour des feuilles mortes ?