voilà que je découvre quelque chose de terrifiant. une capacité à s'imposer des humeurs. je m'explique.
mon collocataire a l'humeur et l'humour badins. son petit plaisir est de me taquiner.
ce soir, par contre, il se déloge à une proposition faite la semaine passée. tentant tant bien que mal de répondre à ses humour et humeur avec les mêmes armes, je réagis cependant cette fois par ce qu'il appelle communément : "fred râle." c'est-à-dire que je me mure dans une attitude bougonne, ronchonne et semble lui tirer familèrement la gueule. tout cela, au fond, reste évidement du jeu.
sauf que voilà le problème : je joue tellement bien le jeu que j'en arrive réellement à "râler" et, si pas lui en vouloir, à tout le moins vouloir lui être désagréable. là, il vient de partir pour boire un verre. je devais aussi y aller, mais mon humeur imposée m'en a empêché.
et puis me voilà seul, à la limite de la mélancolie.
comme quoi, voilà où ça me mène, tout ça.
ai-je l'air con ? je ne pense pas. ça doit arriver à beaucoup, j'imagine.
et puis j'aime bien être tout seul aussi.
néanmoins, je ne comprends pas vraiment mes attitudes récemment. je pense agir face à lui comme face à ma copine (qui par ailleurs n'existe pas puisque je traîne encore et toujours dans les rues de bruxelles mes vieux habits de célibat) : grincheux, heureux, hésitant, rentre-dedans... attention : qu'on ne prenne pas ce dernier qualificatif au pied de la lettre. nous ne sommes pas un couple. loin de là et dieu (s'il existe) m'en garde.
m'enfin, il m'en vient parfois à avoir mal pour lui. alors je ne dis rien, comme d'habitude, parce que je ne dis rien. parce que je ne veux pas choquer.
parce que je suis un éternel hésitant.
parce que voilà.
quant à ma capacité à m'imposer des humeurs, il est grand temps que j'apprenne à maîtriser ce truc parce que c'est pas facile tous les jours de vouloir jouer avec ça.