
C’était avec une certaine folie que je grattais le fond de cette casserole. Hypnotisé par l’eau, les yeux dans le vide. C’était juste à ce moment-là. Tout se déroulait, mais je ne le savais pas. Du reste, comment aurais-je pu le savoir ? Personne ne m’avait averti et je n’aurais pu être ici et là au même moment. Absorbé donc par le reste de pâte. Absorbé par toute une tension accumulée ces trois dernières semaines. Elle se vidait d’elle-même au compte-goutte à travers mille actions stupides et mécaniques. Le trop-plein pourtant n’était toujours pas inversé. Je n’ai jamais pu comprendre l’évolution des événements. Oui, je les ai suivis. Non, je n’y ai pas pensé. Pas réfléchi. Mais qui réfléchit sur le moment ? Personne, je pense. Même pas moi, non. Et toutes ces boucles s’échappaient sans que je puisse émettre un quelconque contrôle, ne fût-ce que minime. Rien. Aucune réaction de ma part. Le concret m’échappait et l’abstrait s’échappait de moi sous une multitude de formes que je ne pourrais toujours pas identifier. Tout ce que je sais, c’est qu’il partait ailleurs, vers cet ailleurs dont personne n’ose parler.
June 2005 July 2005 August 2005 September 2005 October 2005 November 2005 December 2005 January 2006 February 2006 March 2006 April 2006 May 2006 June 2006 November 2006 December 2006 January 2007 February 2007 March 2007 May 2007 June 2007 August 2007 September 2007 October 2007 November 2007 December 2007 January 2008 March 2008