les jours se suivent et ne se ressemblent pas. soudainement, des relens de haine et destruction me remontent à la gorge. ce remugle immonde que j'honnis si souvent me prend à mon tour. communicatif. il passe sournoisement de mon oncle à moi. ce pauvre homme a levé la main sur moi ce matin. bien mal lui en prit. enfin, du moins pour l'estime. il a maintenant toute ma pitié. en attendant, je n'en suis pas moins marri.
que peut-on dire à quelqu'un qui ne peut pas écouter ? comment peut s'exprimer celui qui ne peut pas parler ? je ne veux même pas essayer de le comprendre, au contraire de ce que je fais assez souvent. il est tel. tant pis pour lui. en attendant, lui qui prétend tant "tenir à Sa famille" vient de perdre son neveu. après son frère, il y a une bonne dizaine d'années.
ci-dessous, la lettre (contexte : dispute familiale chez ma grand-mère.) que je lui envoie cette semaine, ainsi qu'à mes oncles et tantes. je n'ai rien à cacher. peut-être aura-t-il l'intelligence de la comprendre. je ne lui parlerai plus, c'est certain. au moins saura-t-il maintenant pourquoi. quant à savoir s'il l'acceptera...
Vezin, 21 janvier 2006
Yves, Je crois qu’il est temps pour moi de t’exposer clairement ma pensée, ma façon de vivre, mes choix et leurs raisons. Tu l’as entendu de tes propres oreilles, je ne tairai jamais tes qualités, de même que je pourrai toujours reconnaître tes défauts. Cela ne fait pas pour autant de moi quelqu’un de supérieur à toi. Loin de là. Si j’ai d’autres qualités, j’ai également d’autres défauts et je tente de les assumer sans trop de gêne. Le fait que j’étudie et réussisse ne fait pas de moi quelqu’un de « supérieur » et je suis peut-être un des derniers à me mettre en avant, à pousser les autres et à les regarder de travers. Chacun a besoin de repères. Tu as choisi la famille, j’en ai choisi d’autres. Je ne compte que sur moi-même. J’apprends chaque jour à me détacher des gens, qu’ils soient de ma famille ou pas. Non pour m’en vanter, mais bien parce que je n’aime pas avoir de dettes. Je voudrais n’être redevable de personne. C’est utopique, je le sais bien. Mais j’espère surtout et simplement que ce n’est pas prétentieux. C’est juste un choix que j’ai fait. Du reste, j’ai ainsi appris à ne juger les autres qu’à une échelle : la relation que j’entretiens avec eux. Je n’ai que faire des on-dit et rumeurs de basse-cour. Et si parfois je résonne à certains sons de cloche, c’est malheureusement parce qu’ils me touchent et que je reste humain avant tout. La relation que nous avons s’est effritée il y a un an et demi. Je t’avoue directement que j’ai souvent voulu prendre certaines distances par rapport à toi. Ton attitude par rapport à marraine m’a souvent touché et mon tort a été de ne pas essayer de comprendre. En attendant, tu m’as humilié publiquement en m’insultant l’an passé, à la station. Aujourd’hui, tu me frappes. Je déteste la violence. Ton caractère sanguin ne t’a pas servi. Cet événement, ma réaction. Tout ça devant marraine. Je n’en suis pas fier. D’autant que je suis le premier responsable. J’aurais dû depuis longtemps déjà prendre le temps de t’expliquer mon point de vue. Cette lettre ne te demande aucune remise en question. Elle n’est là que pour t’expliquer comment je fonctionne en partie. Si je continuais à te saluer froidement, c’était par politesse envers papa. Je t’avoue que je ne veux plus le faire après ce coup de poing. Néanmoins, si tu le désires, je veux bien prendre du temps avec toi pour en discuter. Je ne sais pas si cela changera ma position. Mais, au moins, j’aurai été clair avec toi et je n’aurai plus cela à me reprocher. Aujourd’hui, j’ai besoin de tourner des pages, tout comme toi et bien d’autres ont dû le faire avant moi. Je ne te demande rien. Je t’en fais juste part. Je ne suis pas meilleur qu’un autre. J’ai juste d’autres opinions, qui ne sont pas celles de la majorité. Bonne journée à toi et bonne continuation. frederic