je me remets à travailler mes textes. ma tête.
plus j'avance, plus je me rends compte de ce que je ne veux pas faire. plus je m'attriste de ce que je vais devoir faire pour me permettre de ne pas faire ce dont je n'ai aucune envie. mais bon, si je dois passer par là, autant le faire sans regret. je ne serais pas ici, maintenant, si je n'étais pas passé par où je suis déjà passé. je n'ai pas à avoir honte de mon passé s'il m'a permis d'être où j'en suis aujourd'hui. voilà pourquoi j'affronte demain sans rancoeur.
chaque pas que je fais me fait prendre conscience de certaines possibilités. je m'ouvre des portes en quelque sorte. j'en ferme d'autres, évidemment. mais c'est bien là tout le défi que j'aime.
j'écoute henry rollins. une voix captivante. quand aux mots, je n'en parle même pas. cette capacité toute anglo-saxonne de rester terre-à-terre. voilà bien un endroit où je voudrais arriver. m'échapper de ces circonvolutions cartésiennes, typiques de mes langue et culture.
mais tout cela s'apprend. on verra plus tard.
en attendant, je travaille. un nouveau texte pour rod.
à retravailler, évidemment. mais les bases sont là. et j'aime encore bien... ça s'appelle mort ego. marrant, je me mets à nommer mes textes. je n'aime pas ça. mais bon. je m'y plie. pour l'instant.
merci s. pour la fin du texte.
J’avais de nouveau financé la machine à laver de ma mère puisque chaque printemps n’en retenait qu’une. Des draps effacés pour la nouvelle saison. De nouvelles filles à travers les rues de l’ouest. Des fringuales craquantes pour poser ses morpions endoloris. Des déserts de prairies sous acide sulfurique. Fringuant cow-boy de l’armée rouge de honte, tu ne connais pas les raisons. Ni la raison, en fait, de bander un public tout courbaturé des trafics de la veille. Head-banging encore, encore, en veux-tu ? en voilà. « N’en faisons pas une crèmerie ! », me criait mon voisin de table. Non, n’en parlons même pas aux autorités compétentes. Ces scènes turgescentes où s’affrontent maints poètes de rues étroites, poètes de salons ou poètes de chambre à coucher dehors. Je m’en vais bâiller aux corneilles, leur glisser au bec l’amant fougueux à l’arôme sympathique, emphatique, enclitique, hem… politique.
Jouir dans ses oreilles aussi. Lécher ses plaies alors qu’un dé à les recoudre s’échappe de mes doigts. Un sourire de l’ange racle ses coudes. Quand elle arrête la pilule, le monde entier se retient de respirer. L’angoisse pointe ses dictionnaires d’horizons déchus. New beat. Old génération. J’anticon l’hard-math. Crème ma gueule à la récré. Jamais ne retiens ton souffle.
Il est temps de se rhabiller. Pointe-moi du doigt. Embrasse-moi comme tu veux. Rhabille-moi. Déshabille-moi. J’en voudrais à ta peau. J’en voudrais à tes mots. Tes cris de « ne pars pas ». Tes pleurs de bon choix. Ta vie entière, bande passante sous ma douche.
Machine à dorer mes os, tes paupières parlent trop. Soulève-les aussi. Je veux voir l’étonnement allumer ton visage de fauve. La rigole de ta bouche aux hanches exquises. Je meurs d’avoir trop pensé, trop respirer quand il ne faut plus que bander. Manger les fruits de la passion sans même goûter l’amertume de l’amour-tension.
Mange-moi encore.
Rhabille-moi.
Balaie mes cils de tes longs yeux.
Couche-moi là.
Endors-moi dans tes bras de chair.
Endors-moi.
Endors-moi.
Dore-moi.
Dors.
Nettoie-moi. Pleure. Salive. Outrée menteuse !
Je veux tes règles entières, chaque perte de temps pour te saisir. Je les veux dans cet égouttoir vide ou vidé à temps, à heurt. Pisse encore tes amours d’enfant gâtée. Pisse-les jusqu’à plus soif. Là où nos corps s’affrontent par peur de manquer de sel.
Ma mère morte, je ne vais pas plus loin.
Je bande encore.
J’en veux au ciel
Au monde altier.
Au monde entier.
J’en veux à moi-même de n’aimer que mort ego.