20.02.06
18h41
namur se fait nuit et je digère calmement dans un snack vide. seul devant la table, au milieu de la pièce. la radio se veut mélancolique. les protagonistes de la soirée pleureront. les autres n'auront qu'à se taire. je m'apprête une nouvelle fois à faire face aux rejetés de la pensée quotidienne. ceux qui se sont inconsciemment suicidés pour mieux vivre ailleurs. ils ne savent pas où et personne ne sait s'ils vivent mieux, d'ailleurs. mais au moins, eux, ont choisi l'oubli. ils ont choisi, parfois sans le vouloir, souvent aussi sans le savoir, ils ont choisi, disais-je, de se taire devant le monotone. ce sont des courts-circuits en attente d'étincelle.
plus que quinze minutes. et je les verrai.
21h38
entendre mes talons résonner dans le vide du wagon. et l'imaginaire comble, sourd d'une foule absente et de marmailles qui grincent. pourtant, tout reste plat et je n'ai pas l'habitude. pas ici. il manque :
des cris de scouts.
des écouteurs perméables.
des jacasseries buralistes.
des rires gras.
des "mamoiselles ! oh mamoiselle, vous êtes très belle, t'sais !"
des contrôleurs grippés.
des alarmes qui se déclenchent.
des petits chiens au mal de terre.
vraiment, il manque tout cela. et le train est mort ce soir. après son retard qu'on veut lui excuser. il n'a pas pris le temps de se rincer la gorge.