surprises

un cheveu oublié sur le lit

Saturday, October 20, 2007

 
La Sambre continue à couler, mais maintenant tout est nettoyé. Les rares personnes qui passent à côté n’y pense même pas. Comme si rien ne s’était jamais passé puisque de toute façon, rien ne pourrait jamais s’y passer. Les Namurois ont toujours préféré faire comme si et peut-être que quelque part, je suis comme eux. On essaie d’échapper à ce qu’on ne veut pas voir. Mais je ne peux pas échapper à cinq années sur les mêmes bancs d’école. Ce serait nier toute une éducation. Toute une construction de la personne. Et des personnes qui étaient avec moi sur ces mêmes bancs. Quand on a jeté un de ces bancs dans la Sambre, on a eu envie de rire, mais pourtant personne ne l’a fait. On s’est regardés comme des chiens de faïence et on n’a pas osé aller plus loin, de peur de se casser. On a tourné le dos. Un seul, mais je ne l’ai pas vu, s’est retourné pour voir que le bois ne flottait pas, et on est tous partis de notre côté. Il valait peut-être mieux.

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