
j’avais la mer au foyer, le vague à l’âme à ma porte et je voguais peine perdue dans une vie sans vie, m’écartant à la brasse de rives communes. l’enfant jadis ouvert se terrait dans une bulle sombre et muette, sœur de vœux en son temps et compagnon de vieillesse, le reste du temps. on avait beau lui dire de dire l’inexplicable. on avait beau lui dire de dire le pouvoir des mensonges ou les plis entre les ongles de la vie. rien n’y faisait. les gens du parc continuaient à courir en cœur et en file indienne. ceux du jardin eux aussi à laver les insectes, un à un. patte à patte.
pourtant.
les pas laissés derrière eux ne pouvaient que trahir la présence du plus grand arbre de tous les arbres. celui-là même autour duquel se sont réunis, un soir, les oiseaux de mauvaise augure pour proclamer haut et fort l’indépendance de l’écorce. celui-là même qui réunit à sa table, en un même soir, les habitants des faubourgs ennemis. celui-là même contre lequel je pleure depuis maintenant trois jours et trois nuits et devant lequel jamais tu ne t’accouderas. celui-là même, oui. qui t’a vue grandir et mentir et te verra certainement faner à mesure que les fleurs fanent.