de battre mon coeur s’est arrêté. hier soir. je ne sais plus. j’ai arrêté de compter.
une toccate infime résonne encore, imperceptible, sous le voile d’une guitare acerbe. les yeux révulsés, les mains nagent. nagent et nagent dans l’arme des nantis. l’armée silencieuse des logements vides. des regards éteints et des fumées de cigarette qu’on n’écrase jamais.
mes bras tremblent. mon corps tout entier les suit. dans la brume sans brouillard, une matinée comme une autre. londres. paris. rien ne change. les notes coulent toujours. et le fleuve altier ne portera jamais le dernier corps. jamais il ne respectera l’ultime demeure des amants fous. jamais il ne parlera au jeune enfant de cet ivrogne avalé un soir d’automne. jamais non plus. jamais.
mais de battre mon corps s’est enfui.
contre le gel interminable.
et un cri seul ne pourra jamais briser l’embrasure des rêves.