mardi 4 avril 2006, 13h50
je feuillette les magazines en sirotant mon déca. le soir est tombé plus tard aujourd’hui, mais je ne pense pas qu’il se soit blessé. les vaches restent dans le pré et les radiateurs de la maison ont depuis longtemps déjà entamé leur concert nocturne. le bâtiment est vide, pourtant. les pièces ne parlent plus. elles crient. et j’entends leur silence comme des aveux mortifère, ignifuges. les meubles ont disparus et les murs ont pris froid. un trou noir a plongé par la fenêtre. il s’est collé aux châssis, aux plintes et aux clenches. il a hérité d’une tradition humaine et se l’approprie pour me rendre un million de molécules, d’atomes crochus à ma solitude. il m’embrasse à chaque retour, de plus en plus éloigné, et j’aime cette relation privilégiée. nous ne nous parlons pas puisque nous savons que c’est inutile. nous dialoguons simplement, comme deux amis proches. nous nous donnons la main et la serrons très fort. nous respirons le même air et nous écrivons.