surprises
un cheveu oublié sur le lit
Thursday, October 18, 2007
C’était l’ivreté sous son plus beau jour. Ils étaient trois, de la même année (même si ce détail n’est pas important, il m’importe de le relater parce qu’en soit, il n’est pas laid et n’altère en rien le discours). Trois jeunes gens, la fleur de l’âge diraient certains. Deux d’entre eux, un couple, s’apprêtaient même à repasser sous un pont aux suicides en levant la tête, histoire de ne rien se prendre sur la leur. Ils étaient là, donc, tous les trois, à cabotiner un passage pour piétons fraîchement repeint (dans la journée), mais que le cortège de voitures n’avait pas épargné. Et eux non plus ne voulaient plus l’épargner.
C’était elle qui, en premier, l’avait repéré et s’était dit allons y jeter un coup d’œil il est tout beau vu d’ici. Et c’est vrai qu’il était beau. Comme un rouge à lèvre dérapé par le baiser. Il n’y a que les filles pour voir cela. Les deux garçons l’ont suivie et ont profité des lignes barbouillées pour se lancer dans un concours de saut en longueur / marquage de pas sur le trottoir avec la peinture pas encore sèche. Et c’est son copain à elle qui a gagné. Enfin, surtout pour le marquage de pas, parce que l’autre garçon, sans en avoir donné la preuve, semblait pouvoir sauter bien plus loin et sans élan. Mais, comme chacun le sait, si l’on veut sauter plus loin, il faudra plus de souplesse et donc, moins de poids. Le dernier garçon savait dès lors très bien qu’il devait sacrifier ses traces pour la postérité à cette bête action ponctuelle, histoire de montrer aux deux autres qui était le chef ici (en tout cas en matière de saut en longueur).
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